Point de vue · Lecture 7 min
RISE, GROW, cloud privé ou public : lire les offres SAP avec les yeux de l'acheteur.
RISE with SAP, GROW with SAP, édition privée, édition publique : le catalogue s’est étoffé plus vite que la capacité des directions à le lire. Ces offres sont des constructions commerciales autant que des architectures techniques. Ce n’est pas un reproche, c’est le métier d’un éditeur. Mais cela impose à l’acheteur un travail préalable : traduire chaque offre en questions qui, elles, n’ont rien de commercial.
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Rappelons brièvement de quoi l’on parle. GROW with SAP désigne le chemin vers S/4HANA Cloud en édition publique : un logiciel mutualisé, identique pour tous les clients, opéré et mis à jour par SAP au rythme que SAP décide. RISE with SAP recouvre principalement l’édition privée : une instance qui vous est dédiée, opérée par l’éditeur sur une infrastructure cloud, où subsiste une vraie latitude de configuration et de conversion depuis l’existant. L’on-premise, enfin, n’a pas disparu : vous détenez le système, vous l’hébergez où vous voulez, vous en répondez entièrement. Trois modèles, donc, que les plaquettes présentent comme trois étapes d’un même voyage. Ce sont plutôt trois répartitions différentes du pouvoir et de la responsabilité entre vous et votre éditeur.
Ce que chaque modèle donne, et ce qu’il retire
La différence structurelle tient en peu de mots. L’édition publique impose le standard. Vos processus s’alignent sur ceux du logiciel, vos extensions vivent hors du cœur, et les montées de version arrivent quand l’éditeur les publie, que cela vous arrange ou non. En échange de cette perte de contrôle, vous recevez quelque chose de précieux et de rarement nommé : une discipline. Plus personne, chez vous, ne peut creuser dans le cœur du système. La dérive du spécifique, celle qui a rendu tant de systèmes ECC impossibles à faire évoluer, devient structurellement impossible.
L’édition privée offre l’inverse. Elle accueille votre existant, ses spécifiques dans une large mesure, son historique, ses habitudes. La continuité est réelle, les marges de manœuvre aussi. Mais la discipline, elle, n’est plus fournie avec l’abonnement : c’est à vous de la construire, par une gouvernance d’architecture explicite, faute de quoi vous reconstituerez en quelques années, dans le cloud, le legacy dont vous sortiez. Nous avons consacré un article entier à cette question du clean core ; elle se pose avec une acuité particulière ici.
L’on-premise, lui, ne retire rien et ne donne rien. Liberté totale d’architecture, de calendrier, d’hébergement ; responsabilité totale sur l’exploitation, la sécurité, les montées de version et la tenue dans le temps. Certains contextes le justifient pleinement. Encore faut-il que la liberté soit exercée, et la responsabilité assumée, par des équipes dimensionnées pour.
Une offre cloud ne se lit pas dans sa plaquette. Elle se lit dans ce qu’elle vous laisse le droit de faire, et dans ce qu’elle vous oblige à devenir.
Les cinq questions qui déshabillent une offre
Face à une proposition, quelle qu’en soit l’étiquette, nous recommandons de la passer au crible de cinq questions. Aucune n’est technique au sens étroit ; toutes sont contractuelles et opérationnelles.
- Qui opère quoi ? Derrière le mot « managé » se cachent des périmètres très variables. Qui applique les correctifs, qui surveille, qui restaure, qui répond la nuit d’un incident de production ? Exigez le tableau des responsabilités ligne à ligne, pas le schéma de principe.
- Qu’est-ce qui est réversible ? Si dans cinq ans vous vouliez changer de modèle, d’hébergeur ou de prestataire, que récupéreriez-vous, sous quelle forme, en combien de temps ? Une réversibilité qui n’est pas décrite au contrat n’existe pas.
- Qu’advient-il de vos spécifiques ? Lesquels passent, lesquels doivent être réécrits en extensions, lesquels disparaissent ? La réponse conditionne le coût réel du programme bien davantage que le tarif de l’abonnement.
- Comment le coût évolue-t-il quand vos volumes bougent ? À la hausse, mais aussi à la baisse : cession d’une activité, décroissance d’un marché. Les métriques de facturation méritent d’être simulées sur vos scénarios, pas seulement sur celui de la croissance.
- Que perdez-vous en liberté d’architecture, contre quoi ? Chaque modèle échange de la latitude contre de la vitesse ou de la sérénité. L’échange peut être excellent. Il doit simplement être conscient, et accepté par ceux qui vivront avec.
Le bon choix est un attribut de votre existant
On nous demande souvent laquelle de ces offres est la meilleure. Nous répondons invariablement que la question est mal posée. Une entreprise aux processus proches du standard, ou qui veut s’y contraindre, trouvera dans l’édition publique un accélérateur ; la même offre serait un mauvais choix pour un groupe dont les spécifiques portent un avantage concurrentiel réel. Un existant chargé d’histoire plaide pour l’édition privée, à condition que la gouvernance d’architecture suive. Le choix est un attribut de votre situation : état des processus, poids du spécifique, maturité de la gouvernance, compétences internes. Autant de dimensions que nous avons détaillées à propos de l’échéance 2027, car les deux décisions n’en font qu’une : le modèle d’exploitation se choisit en même temps que la trajectoire, pas après.
C’est exactement ce que livre notre Cadrage 2027 : un état des lieux de l’existant, des scénarios comparés en coûts complets, et une recommandation de modèle d’exploitation argumentée sur vos données. Le paysage d’intégration, souvent le grand oublié de ces comparaisons alors que chaque modèle le redessine, fait l’objet de notre pratique cloud et intégration.
Un dernier mot, qui a son importance dans ce débat précis : chez KOORTIS, le conseil passe avant tout le reste. Quand nous vous recommandons un modèle, c’est qu’il découle de votre existant et de votre trajectoire ; nous l’écrivons, et nous l’assumons devant vous. C’est toute la valeur d’un avis qui ne cherche à convaincre que par ses arguments.
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Trente minutes avec un expert KOORTIS pour passer les offres qu’on vous propose au crible des cinq questions, sur la base de votre paysage réel.
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